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 Solitudes

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Ana Lei
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MessageSujet: Solitudes   Jeu 31 Oct - 7:52

Voici un texte écrit pour ce jour particulier 

Solitudes
Tout n’est pas comme dans les contes de fées… Rien ne se passe jamais comme dans les livres. Ce ne sont que des mensonges que l’on raconte aux enfants pour qu’ils n’aient plus peur du grand méchant loup…

Je vais vous révéler ma véritable histoire…


Un petit garçon poussa la porte et un doux tintement se fit entendre. Émerveillé, il observait le carillon qui s’était éveillé à son entrée, lorsque l’odeur du chocolat parvint jusqu’à lui. De ses grands yeux, il détailla chacune des étagères fixées aux murs, sur lesquelles étaient disposés des bocaux.

En verre, petits ou grands, remplis ou pas, ils se serraient les uns contre les autres, remplissant d’étoiles le regard de l’enfant.

– Alors, mon petit, qu’est-ce qui te ferait plaisir ? fit une voix au fond de la pièce.

Timide, le petit garçon leva la tête pour regarder l’homme qui s’était arrêté devant lui. Gêné, il sortit quelques pièces de sa poche en montrant du doigt un bocal de bonbons.
– Je ne vais pas te manger, approche, déclara l’autre en attrapant l’objet.

Il ouvrit la boîte que lui avait désignée l’enfant, plongea sa main dedans et sortit une poignée de friandises qu’il glissa dans un sachet avant de le tendre au bambin. Cependant, lorsque celui-ci lui donna l’argent, l’adulte refusa.

– Fais-moi juste un sourire, ça ira…

L’enfant obéit. Curieusement, l’homme sentit son cœur se serrer en pensant à elle… Il n’avait jamais vu son sourire alors qu’il faisait tout pour la rendre heureuse. Les autres montraient si facilement leur bonheur, mais pas elle… L’homme baissa les yeux en sentant que le petit garçon tirait sur sa manche pour attirer son attention.

– Merci !!! s’écria celui-ci avant de faire demi-tour en sautillant, visiblement content.

Retournant à ses pensées, le chocolatier poussa un soupir en remettant la bonbonne à sa place. Il se dirigea vers la vitrine et s’arrêta pour contempler les rues au-dehors. Sur les trottoirs, s’entassaient déjà les feuilles mortes balayées par les derniers vents d’octobre. La nature commençait à changer, à se colorer de rouge, cette même couleur que prenait le ciel au crépuscule.

L’homme sortit et attrapa le chevalet qu’il avait posé dehors au début de la journée. Il resta là un moment, scrutant la place de nouveau déserte. Il se baissa et ramassa une enveloppe posée sur le sol avant de retourner dans son atelier. Il ferma la porte et retourna le panneau indiquant que le magasin était fermé.

Il tira les rideaux et prit une profonde inspiration en dépliant le papier. À mesure qu’il découvrait les mots, il se mit à pâlir, puis il se faufila dans le couloir menant à l’arrière-boutique. Il enleva son tablier et l’accrocha à une patère fixée près d’une porte. Il appuya ensuite sur la poignée et entra.

Dans cette chambre, tout n’était que merveille ! Des coussins étaient disséminés un peu partout autour d’un unique lit sur lequel était assise une jeune fille. Le regard perdu dans le vide, elle restait là, immobile, comme plongée dans un rêve.

Des livres étaient empilés çà et là, des peluches encombraient le lit et les fauteuils. Cependant, cette fille avait l’air triste. Dans cette pièce qui aurait émerveillé n’importe quel enfant, jamais aucun rire n’y avait résonné.

L’homme s’approcha d’elle et s’accroupit. Il leva les yeux pour l’observer et resta silencieux. Que n’aurait-il pas donné pour voir enfin un sourire illuminer son si doux visage. Il la contempla longuement tout en penchant la tête. Il plongea son regard dans les profondeurs bleutées de celui de la jeune fille. Étrangement sombres, ses yeux faisaient ressortir la pâleur de sa peau semblable à de la porcelaine.

Il soupira en se rappelant que c’était le cas. Son corps était aussi fragile que la matière avec laquelle il avait été fabriqué.

Minuit n’était pas une jeune fille comme les autres. Elle avait été créée par cet homme qui se tenait désormais devant elle, semblable à un artiste qui admirait son œuvre. Seulement, celui-ci n’était pas vraiment heureux.

Lorsqu’il avait décidé de sa naissance, il avait voulu la faire différente, comme pour imiter la beauté éphémère d’une enfant qu’il n’avait jamais eue. Cette fille était maintenant figée dans le temps, sans savoir ce qu’était vraiment la vie.

Et pourtant, elle avait envie de découvrir ce que, jusque-là, elle avait ignoré. Mais jamais, elle n’avait émis ce souhait. Non, éternellement silencieuse, elle n’avait jamais eu aucun caprice.

En soupirant, le chocolatier se leva et se pencha sur elle. Délicatement, il rassembla toutes les mèches éparpillées sur ses épaules et dans son dos. Il passa ses mains dans ses cheveux, eux aussi différents. Dans la fantaisie de sa création, Minuit possédait une chevelure noire comme les plumes d’un corbeau auxquels se mêlaient des mèches argentées.

– C’est l’automne, n’est-ce pas ? laissa-t-elle échapper en un murmure.
– En effet. Tu te souviens de ce que je t’avais promis, il y a quelques années ?
– Oui…
– Eh bien, il est temps…

Rassemblant tout son courage, la jeune fille se leva et enfila ses chaussures. Elle suivit l’homme et croisa son regard lorsqu’avant de sortir, celui-ci passa une longue cape sur ses frêles épaules. Il en rabattit ensuite la capuche afin de dissimuler son visage.

Se dirigeant là où la menait son destin, Minuit prit la main de son créateur. Ils traversèrent un immense champ où se dressaient des épouvantails chargés d’effrayer les corbeaux. Ceux-ci, posés sur leurs bras, fixaient la jeune fille de leurs yeux perçants. Elle se serra davantage contre le chocolatier, visiblement plus apeurée que les oiseaux.

– Dépêche-toi, murmura l’homme en lui souriant.

Étrangement, son sourire sonnait faux. Ses yeux étaient emplis de regret. Pourquoi ? Jamais elle n’avait vu cette expression dans son regard, jamais elle ne l’avait trouvé aussi distant.

La jeune fille hâta le pas pour rester à la hauteur de l’homme qui continuait d’avancer toujours aussi rapidement. Ils passèrent ensuite dans une forêt aux arbres couverts de feuilles rouges qui finissaient leur danse au pied de ces géants immobiles et silencieux.

À chaque pas, Minuit sentait son cœur battre plus fort dans sa poitrine. Le mécanisme s’arrêterait-il un jour ? Pourquoi éprouvait-elle des sentiments alors qu’elle n’était pas vraiment vivante ?

Une haute grille se dressa alors devant eux au bout d’un petit chemin bordé de rosiers. Curieusement, les fleurs étaient encore écloses malgré la saison. L’homme ne s’en inquiéta pas, il savait…

– Très bien, fit-il en sortant une chaîne de sa poche. Tu vois la grande maison là-bas ? Quelqu’un t’y attend. Je ne peux pas aller plus loin. Va et ne te retourne pas…

Il passa l’objet autour de son cou fragile et caressa sa joue du bout des doigts comme s’il avait peur de la briser. Obéissant comme elle l’avait toujours fait, sans chercher à comprendre, sans chercher à savoir, Minuit avança vers le portail, tremblante. Elle s’arrêta devant et essaya de l’ouvrir. Il résista. Il fallait une clé. La jeune fille baissa la tête et son regard se posa sur le collier. C’était la clé !

En prenant une profonde inspiration, elle se saisit de l’objet. Hésitante, Minuit le glissa dans la serrure. Ne cédant pas à l’envie de se retourner, elle entra et laissa la grille se refermer. Terrifiée, elle parcourut le chemin qui la séparait de l’étrange demeure.

En retenant son souffle, la jeune fille leva la main pour attraper le marteau de porte fixé à l’entrée de la maison. Mais avant d’avoir pu ne serait-ce que l’effleurer, un grincement se fit entendre lorsque le battant s’ouvrit. Incertaine, Minuit entra et scruta l’endroit. Un tapis rouge sombre était déroulé depuis le seuil et courait sur les escaliers. Des chandeliers étaient posés sur des guéridons alignés près du mur. Cette demeure était plongée dans le silence, déserte.

Soudain, des rires se firent entendre.

– Chut… vous allez effrayer notre invitée.

La jeune fille sentit son cœur battre plus fort dans sa poitrine à mesure que la peur montait. Prise d’une irrésistible envie de fuir, elle fit demi-tour, mais trouva la porte verrouillée. Des rires et des murmures s’élevèrent à nouveau lorsque Minuit se mit à courir. Ne sachant où aller, elle se perdit vite dans les couloirs en essayant d’échapper à quelque chose d’invisible.

Dans une immense pièce, elle trouva une grande et vieille horloge. N’obéissant qu’à son instinct, elle ouvrit la porte vitrée et se glissa à l’intérieur, s’enfonçant dans les sombres profondeurs de sa cachette. Elle tentait de se calmer lorsqu’elle entendit des bruits de pas.

Brusquement, une main se referma sur son poignet et la tira à la lumière. Paniquée, elle poussa un cri.

– Eh bien eh bien, je peux dire que tes manières sont plutôt désastreuses.

Minuit observa l’étranger et se retint de hurler à nouveau. Le jeune homme qui l’avait tirée de sa cachette était… différent. Elle n’avait jamais connu d’autre personne que son père, mais elle savait que quelqu’un de normal ne ressemblait pas à… un loup.

Grand, brun, il la regardait de ses yeux verts aux pupilles rétractées en attendant qu’elle réplique.

– Qui es-tu ? demanda-t-elle finalement en retirant sa main.
– Je n’ai pas de nom…

Étonnée, la jeune fille se demanda comment il était possible de vivre ainsi, sans savoir qui il était.

– Que t’a-t-il dit que tu trouverais ici ? reprit l’autre en penchant la tête.
– Des livres, d’autres histoires que je n’ai pas encore lues…
– Laisse-moi t’en raconter une dans ce cas, la coupa-t-il en souriant. Cet homme en qui tu as tellement confiance, tu ne le connais pas !
– C’est faux, murmura Minuit en sentant la colère monter, dissipant la peur qui s’était emparée d’elle quelques minutes plus tôt.
– Ta vie est un mensonge, répliqua le loup en la regardant dans les yeux. Enfin, je pensais qu’une poupée était censée être sage.

Il glissa sa main sur sa joue, geste que son créateur faisait d’habitude. Avait-il raison ? Pourquoi affirmait-il une chose pareille ? Il avait toujours été attentionné avec elle. Il lui avait offert tellement de choses.

En se perdant dans le regard émeraude de l’inconnu, elle ne put s’empêcher de douter. Poussant un soupir, la jeune fille écarta la main de celui-ci en espérant que ce qu’il avait dit était faux. Il s’éloigna en laissant échapper un sifflement amusé.

Il se dirigea vers une table sur laquelle étaient posées deux tasses ainsi qu’une théière. Il tira une chaise et invita Minuit à s’y asseoir. Réticente, celle-ci s’approcha et prit place.

L’autre s’avança et se pencha pour verser la boisson sucrée. La jeune fille l’observa pendant qu’il la servait. Son regard curieux s’arrêta sur ses oreilles, semblables à celles des prédateurs qui peuplaient les contes pour enfants, sur ses yeux, profonds et insondables, ainsi que sur cette queue au pelage brun. Il aurait pu ressembler à n’importe qui, sans cette différence.

– C’était un homme égoïste, déclara-t-il finalement, tirant Minuit de ses réflexions.
– Que veux-tu dire ? demanda-t-elle en relevant la tête.
– Celui que tu considères comme ton père t’a fait tellement différente, fragile. T’a-t-il seulement raconté les conditions de ta naissance ?
– Non…
– Un jour, commença le loup, un homme croisa le chemin d’un animal solitaire… L’histoire voulait que la bête dévore ce voyageur, mais vois-tu, cela ne s’est pas passé ainsi. Malgré la faim qui le tenaillait, le monstre était désespérément seul… Aussi, il s’adressa à l’homme. Il lui demanda un enfant. L’autre lui répondit qu’il n’en avait point et le supplia de ne pas le tuer. Mais l’animal lui ordonna d’en trouver un et que, seize ans plus tard, il reviendrait le voir. L’homme s’en était allé, soulagé de ne pas avoir été dévoré. Mais il se souvint de la condition. Il s’enferma chez lui en cherchant une solution. Il aurait pu prendre un enfant à l’orphelinat du village, mais l’âme et le cœur d’un bambin étaient trop purs pour qu’il soit un jour sacrifié. C’est ainsi que tu es née…

Une tasse tomba sur le sol et le thé se répandit sur les dalles de marbre. Minuit s’était levée d’un bond, refusant de croire que l’homme qui l’avait créée ne l’avait fait que par intérêt.

Elle se mit à courir désespérément : il fallait qu’elle s’en aille le plus loin possible. De nouveau perdue dans cette maison étrangère, la jeune fille s’enferma dans une pièce dont la porte était restée entrebâillée. Les fenêtres étaient ouvertes sur un grand balcon, de longs rideaux ondulaient, agités par la brise d’automne qui soufflait à ce moment-là. Dans cette chambre, il n’y avait rien, rien sauf ce gros fauteuil au dossier brodé, seul dans un coin, ainsi qu’un petit objet laissé sur un guéridon.

Une douce mélodie s’éleva dans le silence et Minuit posa son regard sur cette chose qui s’était mise en marche. La boîte s’était ouverte, laissant une danseuse en sortir, alors que la musique entamait ses premières notes.

La jeune fille repensa à ce que le garçon sans nom lui avait raconté, à cette vérité qui avait malheureusement fini par remonter à la surface. Elle n’avait jamais compté pour cet homme qui était désormais un étranger… Jamais elle ne rentrerait chez elle…

– Je suis désolé, fit une voix dans son dos. Je n’aurais peut-être pas dû te dire tout ça.
– Tu viens de détruire l’image que j’avais de la seule personne en qui je croyais.
– Je regrette… en fin de compte, c’est moi que tu devrais haïr. Le plus égoïste des deux, c’est bien moi. Je ne me suis pas aperçu qu’en agissant comme je l’ai fait, je ne faisais que t’effrayer. Je n’en pouvais plus, je commençais à étouffer sous le poids de ma solitude…
– Je pensais que tu n’étais pas seul, l’interrompit Minuit en se souvenant des chuchotements et des rires à son arrivée.
– Ce n’était que des illusions, répondit-il comme s’il avait lu dans ses pensées, rien que des souvenirs. Tu es libre de partir si tu veux. Je suis vraiment désolé, je n’avais pas le droit de…
– Ne t’excuse pas. Je l’aurais su un jour ou l’autre. Tu m’as ouvert les yeux. J’ai réalisé à quel point j’avais pu être naïve. Laisse-moi juste te dire une chose : je ne m’en irai pas, je n’ai pas peur de toi…
– Prouve-le… murmura le loup en sondant le regard azur de la jeune fille.

Il était devenu étrange. Ses yeux reflétaient désormais la tristesse et montraient sa solitude. Il semblait la supplier de lui donner encore une raison de vivre, d’espérer qu’un jour peut-être, il serait compris et accepté, qu’un jour, il pourrait lui avouer qu’en sa présence, son âme de bête sauvage redevenait celle d’un enfant.

Jamais il n’avait connu ce sentiment… La poupée qui se tenait désormais devant lui semblait pourtant si fragile qu’il avait peur qu’un jour elle vienne à se briser.

Mais son cœur à elle lui chuchotait des mots qu’il n’était pas en mesure d’entendre. La jeune fille se demanda pourquoi il ne pouvait pas comprendre. Touchée par la douceur soudaine du loup, elle se dit que peut-être…

– Il faut que tu saches que je n’ai pas peur, reprit Minuit, je ne serai plus naïve, continua-t-elle en s’approchant de lui avant de lever la tête, et je n’ai jamais été sage…

Elle laissa échapper ces derniers mots en venant effleurer les lèvres du solitaire avant d’y déposer un doux baiser. Le loup passa alors tendrement une main dans son cou pour prolonger l’étreinte délicate pendant que la danseuse en noir et blanc continuait de valser au son de ce requiem qui n’était pas prêt de prendre fin, pendant qu’au dehors, la dernière feuille écarlate de l’arbre dans la cour finissait sa course au pied de ce géant à jamais immobile.

À suivre...


Grave au plus profond de mon âme, la douleur de vivre qui aura été la mienne jusqu’à la fin.



Dernière édition par Naoko le Mer 25 Déc - 10:24, édité 2 fois
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Lukameg
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MessageSujet: Re: Solitudes   Jeu 31 Oct - 8:15

 c'est  


Ce que l'on a perdu une fois est perdu à jamais.
Telle est la règle, il n'y a aucune exception.

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Sakura
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MessageSujet: Re: Solitudes   Sam 2 Nov - 20:51

 C'était magnifique ! J'ai passé un super petit moment   Tu devrais te faire publier... 
Nan, sérieusement je pense bien que ça marcherai du tonnerre !


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Hyomin
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MessageSujet: Re: Solitudes   Dim 3 Nov - 9:06

Franchement Wouhhhaouu J'adore Bravo
Rien a dire 



www.quisontmesamis.com/quizz/f2167807
  Vous croyez me connaitre alors testez vous

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Ana Lei
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MessageSujet: Re: Solitudes   Dim 3 Nov - 15:27

merci beaucoup c est vrai que j y ai travaille 13 jours !!!!


Grave au plus profond de mon âme, la douleur de vivre qui aura été la mienne jusqu’à la fin.

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Sakura
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MessageSujet: Re: Solitudes   Dim 3 Nov - 20:02

Tout le travaille y est, tes efforts ont portés leur fruits 


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vehuiah
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MessageSujet: Re: Solitudes   Mar 19 Nov - 14:23

l'histoire était vraiment à voilà   et j'ai qu'un mot à dire
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Ana Lei
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MessageSujet: Re: Solitudes   Mar 19 Nov - 17:39



Grave au plus profond de mon âme, la douleur de vivre qui aura été la mienne jusqu’à la fin.

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Alucard van Hellsing
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MessageSujet: Re: Solitudes   Sam 23 Nov - 19:11

snif snif   c'était magnifique bravo j' ai les larmes aux yeux bravo







Les choses les plus belles sont souvent celles qui font les plus mals
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Ana Lei
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MessageSujet: Re: Solitudes   Lun 25 Nov - 18:07

   Heureuse que ça t'ait plu et j' annonce qu'il y aura une suite !!! Non vous ne rêvez pas !!! Mais il va faloir attendre un peu


Grave au plus profond de mon âme, la douleur de vivre qui aura été la mienne jusqu’à la fin.

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Yip
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MessageSujet: Yip   Ven 20 Déc - 21:14

Super bien !!
c'est rare que j'arrive a m'accrocher sur des histoires comme ça !!!!!!!
Et les autres histoires que tu m'as montré elles arrivent quand ??
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Ana Lei
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MessageSujet: Re: Solitudes   Mer 25 Déc - 10:31

Voici la suite, il y en aura encore plus tard, mais cette partie est bouclée   

Partie 2
Elle tournoyait encore et encore, comme emportée par cette musique. La danseuse s’arrêterait-elle un jour ? Minuit l’observait, toujours blottie dans les bras du loup. Tout avait changé.

– Donne-moi un nom, avait demandé celui-ci en plongeant son regard dans celui de la poupée.

Jamais elle ne se serait attendue à une telle demande. Il lui avait dit qu’il n’en avait pas, mais avait-elle le droit de faire cela ? Pourquoi lui disait-il ça à elle ? À ce moment-là, elle vit ses souvenirs passer devant ses yeux. Elle se rappelait maintenant. Elle savait que ce n’était pas la première fois qu’elle croisait ce regard émeraude…

La jeune fille n’était alors qu’une enfant. Elle n’avait pas beaucoup changé, mais les années avaient tout de même défilé.

– Tu les as déjà tous lus ? avait demandé l’homme en souriant.

La petite fille avait acquiescé et soupiré. Elle avait regardé les ouvrages posés sur la table et s’était souvenue de chacune des histoires. Elle avait dévoré toutes les pages de ces œuvres, jour et nuit, sans arrêt. L’homme au tablier blanc s’était penché sur elle et, comme à son habitude, il avait glissé ses doigts dans les longs cheveux de l’enfant.

– Un jour, je t’emmènerai dans une grande maison. Quelqu’un t’y recevra. Là-bas, il y aura beaucoup de livres que tu pourras lire, des histoires incroyables…

Sa voix s’était éteinte et il avait baissé les yeux. Pourquoi avait-il paru si triste tout d’un coup ? La poupée avait cherché son regard, mais celui-ci était fuyant. Pendant toute son enfance, Minuit avait senti ce fossé les éloigner de plus en plus. Pourquoi son père ressemblait-il maintenant plus à un étranger qu’à ce qu’il était autrefois ? Depuis qu’il lui avait fait cette promesse, c’était comme si il avait par-là même réalisé quelque chose. Il avait commencé à changer.

Un jour, la petite fille avait demandé si elle pouvait aller jouer dehors avec les autres enfants qu’elle pouvait observer par sa fenêtre. Mais son père avait été catégorique. Il avait refusé sans lui laisser le temps de lui expliquer qu’elle se sentait seule. Malgré l’interdiction, l’enfant avait tout de même tenté de sortir. Mais l’homme la surveillait. Pour qu’elle ne puisse plus s’en aller, il l’avait enfermée dans une grande cage.

Minuit ne comprenait pas pourquoi. Elle se sentait comme un oiseau prisonnier. Elle étouffait, mais celui qui croyait la protéger, ne l’écoutait pas. Elle était fragile, mais elle s’en moquait, elle voulait juste être une fille comme les autres.

Une nuit, alors qu’elle s’était mise à chanter pour tromper sa solitude, elle avait entendu du bruit dans sa chambre. Elle avait retenu son souffle et tourné la tête vers la fenêtre. Elle avait senti une légère brise souffler sur son visage de porcelaine et le ciel, au dehors, avait été un instant caché par une silhouette qui se détachait dans l’obscurité.

Un garçon, vêtu d’une longue cape noire, s’était engouffré dans la pièce et avait tiré les rideaux derrière lui. Minuit s’était recroquevillée dans sa cage. Elle avait fermé les yeux en espérant que ce n’était là qu’un rêve.

Son visage, à moitié dissimulé par une grande capuche, lui avait paru étonnamment pâle. Minuit ne pouvait pas voir ses yeux, mais elle savait qu’il l’observait.

– Eh bien, pourquoi as-tu peur ?
– Allez-vous-en !
– Ne crie pas comme ça, tu vas réveiller ton père et si tu veux aller faire un tour dehors, il vaut mieux qu’il ne vienne pas voir ce qu’il se passe ici.

Il s’était penché vers la cage et avait tendu le bras. La jeune fille avait fermé les yeux en espérant qu’il ne lui ferait pas de mal.

Il avait glissé une clé dans la serrure et le verrou avait cédé. Elle l’avait regardé, apeurée. Elle aurait préféré qu’il ne s’approche pas. En ouvrant la petite porte en fer, il avait souri et présenté sa main à la poupée.

– Viens, tu ne veux pas sortir ?

Minuit avait soupiré et glissé ses doigts dans la paume de l’inconnu. Elle ne savait pas si elle avait raison de lui faire confiance, mais quelque chose lui avait donné envie de croire le garçon à la capuche.

Pour la première fois de sa vie, elle avait pu marcher sur la place, sentir le vent caresser sa joue et jouer avec ses cheveux. Elle ne savait pas pourquoi elle l’avait fait. Pourquoi elle avait fait confiance à cet inconnu, mais elle n’avait pas envie de se poser la question.

Si son père avait appris qu’elle était sortie ! Qu’aurait-il fait de toute façon ? Il avait déjà eu l’idée de l’enfermer dans une cage, qu’aurait-il pu faire d’autre ? Rien ne la retenait à l’intérieur. Toutes les nuits, elle avait été ainsi faire un tour, accompagnée de ce garçon mystérieux.

Jamais il ne lui avait montré son visage. Pourquoi ? Elle n’avait osé pas lui en demander les raisons de peur de le mettre en colère. Ou peut-être avait-elle eu simplement peur de le savoir.

– Regarde ! Qu’est-ce que c’est ? avait-elle crié soudainement une nuit.

L’autre s’était approché d’elle et avait posé une main sur sa bouche. La jeune fille n’avait pas compris. Que se passait-il ? Jamais il ne l’avait touchée, jamais il ne s’était autant approché d’elle. Mais à ce moment-là, elle avait eu peur. Elle avait retenu son souffle, essayant de comprendre ce qu’il faisait.

– Chut… Même si nous sommes loin, ton père peut quand même nous entendre.

Minuit avait fermé les yeux et acquiescé. Il voulait seulement la protéger. Sur le chemin du retour qu’elle avait fait à contrecœur, ils avaient croisé une petite fille qui pleurait. Le garçon à la capuche avait tiré la poupée par le bras, essayant de lui faire comprendre qu’elle ne pouvait rien faire, mais la jeune fille ne s’était pas laissée faire et avait avancé vers l’enfant.

– J’ai perdu ma maman…
– Comment tu t’appelles ?

La petite fille n’avait pas répondu et continué de pleurer. Ses yeux rougis par les larmes, elle avait essayé de trouver son chemin en appelant désespérément ses parents. Mais sa voix restait basse et parvenait tout juste aux oreilles du garçon qui avait détourné la tête. Minuit, qui s’était accroupie, s’était relevée et avait pris la main de l’enfant.

Elle était retournée vers la ville et avait suivi la petite fille qui la tirait désormais, ayant retrouvé son chemin.

Devant sa maison, elle s’était mise à sourire.

– Viens !

Minuit l’avait suivie jusqu’à sa porte. Elle savait qu’elle devait rentrer et laisser là la petite fille, mais celle-ci l’avait empêchée de partir. La porte s’était ouverte et la lumière avait filtré. Des voix s’étaient élevées, celle d’une femme qui criait de joie et celle d’un homme qui appelait la petite fille. L’enfant fut tirée à l’intérieur et sa mère l’avait serrée fort dans ses bras.

Minuit avait observé la scène, envieuse, lorsque son compagnon lui avait pris la main et l’avait attirée vers lui.

– Nous devons partir… avait-il en faisant demi-tour pour s’éloigner.

L’espace d’un instant, la poupée avait cru voir les yeux de l’inconnu, des yeux étonnamment profonds, d’un vert intense.

La petite fille s’était retournée en entendant une dernière fois la voix de celle qu’elle avait aidée.

– Papa ! Il faut que je dise merci à la dame.
– Quelle dame ma petite ?
– Bah, la dame dehors !

L’homme s’était dirigé vers la porte et l’avait ouverte en grand. Mais il n’y avait personne, la rue était déserte !

Minuit avait gardé les yeux baissés, regardant ses pieds alors qu’elle avançait dans la nuit.

L’aube serait bientôt là et il fallait qu’elle rentre chez elle avant que son père ne se rende compte de son absence. La jeune fille avait parcouru, en courant, le reste du chemin qui la séparait de la boutique.

Tel une ombre à ses côtés, le garçon à la capuche veillait. Toujours. Cette nuit-là, Minuit avait fait un vœu. Elle avait souhaité qu’Orion, comme elle avait nommé celui qui la protégeait, reste toujours avec elle.

Un jour, celui-ci lui avait demandé pourquoi elle l’appelait ainsi et la jeune fille n’avait pas hésité une seule seconde avant de murmurer :

– L’étoile qui brille, si proche de la Lune, je me suis dit que c’était peut-être toi. Elle veille toujours sur elle, comme tu veilles toujours su moi. Laisse-moi juste croire que c’est vrai et accepte ce nom…

L’autre avait souri et hoché la tête. Mais la poupée avait envie de savoir, de voir son visage et de pouvoir enfin donner des yeux à cette étoile, un regard qu’elle n’était plus si sûre d’avoir aperçu.

Ce fut sans doute le premier geste envers lui qu’elle eut. Mais la porte de sa chambre s’était ouverte et Orion venait de disparaître. Il avait attendu, caché sur le rebord de la fenêtre, attendant que le chocolatier qui venait d’entrer, s’en aille.

– Qui est Orion ? avait demandé l’homme en regardant sa fille avec tendresse.
– Un ami imaginaire…
– Tu te sens seule, n’est-ce-pas ? Eh bien, j’ai un cadeau pour toi. Puisque tu as été sage et que tu as compris les règles qui t’interdisaient de sortir, eh bien, ferme les yeux…

La jeune fille avait obéi et son père s’était approché d’elle. Puis il s’était tourné vers la porte et avait doucement sifflé. Surprise, Minuit avait ouvert les paupières, alors que dans sa chambre, une petite boule de poils détalait à toute allure. Le chien, au pelage blanc, était venu se blottir aux pieds de sa nouvelle maîtresse. Celle-ci s’était baissée pour le caresser en remerciant son père. L’animal était resté tout le temps avec elle, même quand le chocolatier travaillait. Minuit ne lui avait jamais trouvé de nom.

Un soir, alors qu’elle attendait Orion, elle avait commencé à douter. Viendrait-il encore une fois ? En voyant approcher l’aube, la jeune fille s’était dit que, cette fois-ci, ce ne serait pas le cas. Elle avait passé toutes les autres nuits, seule avec le chien, à espérer que le garçon à la capuche reviendrait. Au fond d’elle, elle avait su qu’elle ne le reverrait jamais.

Elle avait donc écrit une lettre qu’elle avait roulée et attachée au collier de l’animal. Minuit l’avait supplié de le retrouver. Son deuxième ami s’en était donc allé dans la nuit, s’enfonçant dans le noir et le silence, sans destination précise. Il n’était jamais revenu. La poupée était donc restée seule, comme elle l’avait toujours été.

Quelques semaines plus tard, son père était venu la chercher pour la mener vers son destin.


– Orion… murmura Minuit, brisant le silence qui s’était installé.

Le loup avait souri et plongé son regard dans le sien. Elle se souvenait de qui il était, elle se souvenait de son « étoile ».

– Pourquoi es-tu parti ce jour-là, pourquoi est-ce que tu m’as laissée seule ?
– Tu n’étais pas seule, reprit le garçon en détournant le regard, tu n’avais plus besoin de moi…
– C’est faux ! Je t’ai attendu…
– Je sais.
– Alors, pourquoi n’es-tu donc pas revenu ?
– Minuit, calme-toi. Tu dois me comprendre. Je savais que le cadeau que ton père t’avait fait suffirait à me remplacer…
– Orion ! Tu n’as pas le droit de dire ça ! C’est ta présence que je voulais, c’était toi ! Le jour où tu es parti, je venais de me rendre compte que je ne pouvais pas me passer de toi… J’avais réalisé que je t’aimais…

Cet aveu claqua dans le silence et le loup la regarda dans les yeux. Il ne savait pas si ses sentiments d’autrefois étaient partagés, il avait préféré s’éloigner, jugeant que sa présence n’était plus nécessaire, alors même qu’il commençait à ressentir quelque chose pour la poupée. Il avait commencé ce petit jeu en premier, mais il s’était piégé tout seul depuis le début. Il se souvenait des règles qu’il avait lui-même créées, le jeu du loup solitaire qui attendait sa proie, mais tomber amoureux de celle-ci n’était pas prévu.

Il devait l’observer, la mettre en confiance pour enfin commencer ce jeu, mais il avait été incapable de lui faire du mal. Pourquoi ? Avant, il avait pourtant déjà tué des êtres humains, mais à son contact, il avait changé. Peut-être que c’était la différence de Minuit qui l’avait changé, qui l’avait sauvé ! Il ne savait pas pourquoi, mais il était sûr d’une seule chose : lui aussi l’aimait ! C’était ironique après tout. Dans les livres, le loup symbolise le danger, le côté mauvais de l’homme et pourtant, Minuit ne semblait pas le voir. Pourquoi ?

– Est-ce que tu pensais à moi ?

Le garçon releva la tête en entendant le murmure presque inaudible de la jeune fille. Que pouvait-il lui répondre ? Qu’il avait de nombreuses fois hésité à venir la voir après tout ce temps, qu’il avait dû refuser de céder à son envie pour se protéger ? De quel droit pouvait-il faire cela ? Détruire l’image qu’elle avait de son père n’était-ce pas suffisant ? Fallait-il alors qu’il lui avoue qu’il avait eu peur de ses sentiments ?

– Réponds-moi… s’il te plaît… ne me laisse pas croire que j’ai été pour toi, comme pour mon père, seulement un instant, quelque chose qui passe et qu’on oublie, quelque chose qui…
– Manquait à ma vie, continua le loup en posant sa main dans celle de la jeune fille, incapable de pleurer.

Non, il ne l’avait jamais oubliée. Comment aurait-il pu ? Tous les jours, il avait eu envie de la voir, tous les jours, il pensait à elle…

Le garçon à la capuche, qui s’était caché sur le rebord de la fenêtre, avait entendu son nom. Le père de la poupée était entré, mais il ne fallait pas qu’il le voie. Figé, il avait attendu la réponse de Minuit qui était silencieuse.

– Qui est Orion ? avait demandé l’homme en regardant sa fille avec tendresse.
– Un ami imaginaire…

Cette réponse avait résonné aux oreilles du garçon qui retenait son souffle. Il ne voulait pas que le chocolatier sache qu’il venait voir sa fille en cachette, mais Minuit ne saurait jamais que cette phrase avait attristé Orion. L’entendre dire qu’il n’existait pas, même si c’était pour le protéger, lui avait fait mal. Essayant de retenir ses larmes, il n’avait entendu que des bribes de phrases qui n’avaient plus aucun sens.

– J’ai un cadeau… tu as été sage… les règles… ferme les yeux…

Le garçon avait inspiré profondément et en voyant entrer le chien, il avait détourné le regard. Il savait ce qu’il lui restait à faire. En soupirant, il était descendu silencieusement de la fenêtre et avait jeté un dernier regard à la boutique. Son chemin jusqu’à la grande demeure où il habitait seul allait être long, comme d’habitude.

Il avait traversé la place et continué sa route à travers le champ où veillait un étrange épouvantail. Les corbeaux l’avaient regardé passer en penchant leur tête aux yeux perçants. Il avait pris la direction des grilles de son domaine et était arrivé finalement dans un sentier bordé de rosiers.

Mélancolique, le garçon avait laissé glisser ses doigts sur les bougeons qui ne devaient fleurir qu’au printemps suivant. Doucement, les roses s’étaient mises à éclore, révélant, à la lumière de la Lune, leur couleur immaculée.

En chantonnant une mélodie triste, il était rentré chez lui et avait allumé, d’un simple geste de la main, les chandelles posées sur les guéridons. Il avait ôté sa capuche et avait balayé du regard la maison désespérément vide. Orion avait ensuite enlevé sa longue cape noire pour la poser sur le dossier d’une chaise. Secouant la tête, les mèches de ses cheveux retombèrent de part et d’autre de ses oreilles de loup. Il avait rapidement gravi les escaliers menant à l’étage supérieur et s’était enfermé dans sa chambre. Il s’était installé dans son lourd fauteuil brodé et avait regardé la porte qui s’ouvrait sur le balcon. Les immenses rideaux qui l’encadraient ondulaient dans le vent nocturne. Il avait repensé à cette fille si différente. Pourrait-il seulement un jour l’oublier ?

Les semaines avaient passé, durant lesquelles il n’avait cessé de se poser des questions. Et si elle avait besoin de lui et si elle se sentait seule ? Il s’était dit que cela ne pouvait plus arriver maintenant qu’elle avait un compagnon à ses côtés. Il avait pensé qu’il était devenu inutile. Il s’était conforté dans cette illusion, un peu comme pour avoir une excuse. Une partie de lui avait souhaité ardemment rejoindre Minuit, mais l’autre s’y était refusée, ayant peur de ce qu’il ressentait pour elle. Ce sentiment lui était inconnu et l’avait effrayé.

Toujours en fredonnant cette mélopée qui rythmait désormais ses journées, il avait entrepris de sculpter une petite boîte. Son imagination s’était envolée lorsqu’il s’était mis à dessiner, dans le bois, la forme d’une jeune fille. Quand son travail avait été terminé, la poupée en noir et blanc s’était mise à valser. Après quelques jours de labeur, il était parvenu à concevoir un mécanisme à l’aide d’un tube en cuivre pour recréer la chanson qu’il avait dans la tête depuis qu’il l’avait entendue de la bouche de Minuit. Fier de son travail, il avait admiré la boîte à musique qui laissait ses notes envahir la pièce vide. Le cœur lourd, il s’était finalement endormi sur le fauteuil, alors qu’il contemplait son œuvre.

Une nuit, son sommeil avait été troublé par des grattements qui s’étaient fait entendre à la porte. Il s’était levé et avait ouvert le lourd panneau de bois. Il avait jeté un regard au dehors et avait étouffé un cri de surprise en voyant entrer, à toute vitesse, une boule de poils. L’animal avait observé le loup et penché la tête avant d’émettre un petit jappement. Orion l’avait regardé et s’était accroupi devant lui. À son cou était attaché un rouleau de papier enveloppé de deux rubans : un noir et un blanc. Il s’était empressé de les dénouer avant de lire. Ses larmes s’étaient mises à couler au fur et à mesure de sa lecture.


– Orion ? Qu’y a-t-il ?

Le loup releva la tête et fixa son regard dans celui de la jeune fille qu’il n’avait jamais pu oublier. Il savait qu’elle avait toujours eu besoin de lui. Dire le contraire n’était qu’une excuse. Il avait eu peur de ce nouveau sentiment que la bête féroce qu’il était autrefois n’avait jamais connu. Il prétendait que le chien lui avait pris sa place, mais cela aussi était faux. Il le savait. Orion avait compris, en se rendant compte qu’elle ne lui avait jamais donné de nom, pas à lui… À quoi pouvaient bien servir les mots, alors qu’un regard suffisait ?

Dans ses yeux, j’ai pu lire tout ce qu’il y avait à dire. Comme dans un livre dont la fin est déjà écrite, je savais qu’avec lui ma vie aurait vraiment un sens… J’ai pu changer les règles de ce jeu qui le rendait coupable et le changer lui aussi. Ce conte de fées auquel je refusais de croire s’était finalement transformé en réalité.

Alors que la danseuse à mon image tournoyait au son de cette douce mélodie, la Lune, au dehors, laissait lentement couler ses froides larmes blanches, comme pour donner à mes mots la délicate apparence d’un flocon de neige.


À suivre…


Grave au plus profond de mon âme, la douleur de vivre qui aura été la mienne jusqu’à la fin.

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Lukameg
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MessageSujet: Re: Solitudes   Mer 25 Déc - 10:34

 une suite bien ficelée ! Orion n'est plus seul, c'est une bonne chose et la poupée a trouvé quelqu'un pour veiller sur elle   


Ce que l'on a perdu une fois est perdu à jamais.
Telle est la règle, il n'y a aucune exception.

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Sakura
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MessageSujet: Re: Solitudes   Jeu 26 Déc - 20:18

J'adore    Et qu'en est il du chien ? ( Moi ou la personne qui pose les questions sans importance )  


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Lycia
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MessageSujet: Re: Solitudes   Lun 30 Déc - 11:41

J'adoooooore !!!!!   mais après pourquoi le chien retourne pas dans dans la boutique avec Minuit ?????
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Ana Lei
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MessageSujet: Re: Solitudes   Mar 31 Déc - 13:16

Et bien tout d'abord, merci !!!

Ensuite pour ce qui est du chien je sais que je n'en ai pas parler après et pour savoir, il faudra attendre, une partie trois est prévue !!!  


Grave au plus profond de mon âme, la douleur de vivre qui aura été la mienne jusqu’à la fin.

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Ana Lei
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MessageSujet: Re: Solitudes   Ven 27 Juin - 17:01

Après mûres réflexions, j'ai décidé de vous la suite  

Partie 3
Assise dans un grand fauteuil, la belle poupée avait penché la tête en écoutant la mélodie du solitaire qui laissait courir ses doigts sur les touches d’un piano. Les notes harmonieuses s’élevaient dans la nuit, profondes.

La douce musique gagna en intensité au fur et à mesure que le temps passait. Ce qui était autrefois une triste mélopée s’était changé en une autre qui chantait l’espoir. Tout était comme dans un conte de fée qui ne semblait pas vouloir prendre fin.

Minuit ferma les yeux, se laissant emporter dans l’histoire que lui racontait le loup sans qu’il ait besoin de paroles. Il n’y en avait jamais eu besoin entre eux. C’était comme si il n’y avait rien à dire, comme si le simple fait d’être là, l’un près de l’autre suffisait à leur bonheur. Ils étaient complémentaires, ils étaient comme… destinés.

Oui, c’était ça. C’était sans doute le destin qui avait fait en sorte de faire se croiser leur chemin. Ils n’avaient fait que suivre cette route qui était la leur depuis le début, marchant vers un lendemain déjà écrit.

La mélodie ne s’était jamais arrêtée, continuant de rythmer les battements de leur cœur à tous deux.

Une douce brise souffla à l’intérieur de la pièce, par la fenêtre restée entrouverte. Le loup se retourna et sourit. La jeune fille s’était levée et penchait la tête afin de plonger son regard bleu dans celui qu’elle aimait.

Malgré toutes les épreuves qu’ils avaient dû traverser, cela paraissait bien trop facile. Tout cela était bien trop beau ! Minuit le savait, comme elle savait qu’il y avait encore des choses qui lui échappaient. Elle ne pouvait s’empêcher de se poser des questions sur cette bête qu’Orion lui avait décrite lorsqu’il lui avait raconté son histoire.

Quand elle avait connu le garçon, la toute première fois qu’elle l’avait vu, il lui avait semblé apercevoir cette partie de lui qu’il voulait tellement lui cacher. Un instant, elle avait perçu ce regard, celui d’un monstre. C’est pour cela qu’elle avait eu peur de lui la première fois mais avec le temps, elle l’avait oublié puisque cela ne semblait plus avoir d’importance. Mais elle aurait voulu savoir. Lui connaissait tout de sa vie. Mais elle, en revanche, ignorait tout de ce qu’il était autrefois. Peut-être valait-il mieux qu’elle n’ait jamais de réponse à cette question.

La poupée laissa son regard se perdre dans les profondeurs de la nuit alors qu’elle contemplait ce ciel étoilé qui avait vu naître son premier et unique souhait. Il s’était finalement réalisé… Alors qu’elle n’y croyait plus.

La neige avait cessé de tomber. La poupée avait vu son premier hiver mais en reverrait-elle d’autres ? Elle savait qu’elle n’était pas comme ces filles qui avaient la chance de vivre réellement. Elle savait que son mécanisme n’était pas éternel. Ce qu’elle ignorait, c’était quand il s’arrêterait.

Le loup le savait, lui aussi, et lui avait promis de trouver une solution.

Un jour, il partit à la rencontre d’un grand sage qui pourrait répondre à ses questions. Il était sûr que lui pourrait les aider.

Minuit était restée seule, attendant pendant des heures son retour. Il lui avait dit qu’il ferait vite. Le chemin était long, mais il devait rentrer avant la nuit tombée.

En fredonnant une douce mélodie semblable à celle qu’Orion avait fait naître sur son piano, la jeune fille attendit comme elle l’avait toujours fait. Elle avait confiance. Il reviendrait. Un chien blanc vint se coucher à ses pieds et elle baissa les yeux pour l’observer. Orion lui avait dit que l’animal était resté avec lui depuis qu’il lui avait fait parvenir son message. Elle soupira en se rappelant que c’était grâce à lui qu’elle était là maintenant.

Minuit releva brusquement la tête en entendant des rires résonner dans la maison qui était pourtant vide. Des chuchotements semblables à ceux qui l’avait effrayée autrefois mais qu’elle n’avait plus jamais perçus. Orion lui avait dit que c’était une illusion alors pourquoi parvenaient-ils encore jusqu’à elle ?

La poupée se leva et parcourut les grands couloirs de la demeure, cherchant l’origine de ces bruits. Une musique enjouée s’était mêlée aux rires d’enfants alors que la jeune fille avait entrepris de grimper à l’échelle qui menait au grenier. Elle n’y était jamais allée, mais elle aurait juré que les chuchotements venaient de là.

Le chien, toujours sur ses talons, la regarda longuement et se mit à gratter les montants de bois de l’échelle.

La jeune fille se hissa sur le sol de la pièce poussiéreuse et retint son souffle. Face à elle se dressait un immense miroir qui luisait dans les pâles rayons de la lune.

– Approche… demandèrent des voix.

Son regard détailla l’étrange objet qui semblait être là depuis toujours. Mais il ne reflétait pas son image. Il y avait autre chose. Des ombres se mouvaient derrière la barrière de verre. C’était de là que venaient les rires, les chuchotements et la musique.

Minuit s’approcha encore, mais ne pouvait voir son reflet. On aurait dit que ce miroir n’était qu’une fenêtre ouverte sur le néant qui semblait l’appeler. Et sans savoir pourquoi, sans même s’en rendre compte, la jeune fille posa ses mains sur la surface de verre.

Ses doigts s’enfoncèrent à l’intérieur, exactement comme si la vitre n’était qu’un épais brouillard. La poupée ferma les yeux alors qu’elle sombrait derrière le voile.

La musique se fit plus puissante et Minuit sentit, sur sa peau de porcelaine, une douce brise semblable à celle qui soufflait les soirs d’été. C’était pourtant l’hiver…

***
Orion passa les grilles de la propriété, repensant à ce que lui avait dit le corbeau. Avait-il raison ? Le loup ne pouvait s’empêcher de se poser des questions. Le cœur serré, il sourit pourtant en remarquant qu’aucune lumière n’était allumée !

Il avait promis à la jeune fille qui l’attendait qu’il serait de retour avant le soir. Et c’était le cas. Le soleil était seulement en train de se coucher et il se doutait que Minuit avait surveillé son retour. Il se souvenait très bien de ce jeu qu’ils avaient inventé tous les deux. La jeune fille s’amusait à éteindre toutes les lumières lorsque le soir tombait et Orion devait la trouver.

Il avait tout d’abord trouvé ce « cache-cache » un peu enfantin mais il avait fini par y prendre goût. Alors puisque Minuit voulait jouer, il jouerait !

Silencieusement, il ouvrit la grande porte en bois de la demeure et entra, refermant tout aussi discrètement. Il traversa de nombreux couloirs à la recherche de la poupée. Il ouvrit une porte, puis une autre. Mais la maison plongée dans l’obscurité restait désespérément silencieuse. Toujours à l’affût du moindre bruit, il alla voir dans la chambre de la jeune fille. Il balaya du regard la pièce puis fit demi-tour. Où pouvait-elle bien être ?

Le jeune homme perdit son sourire en s’apercevant de l’absence de celle qu’il cherchait. Inquiet, il s’approcha d’une fenêtre et scruta la cours. Mais rien ! Mis à part celles qu’il avait laissées dans la neige en arrivant, aucune trace de pas ne venait troubler la blancheur immaculée.

En retenant sa respiration, il gravit de nombreuses marches et se trouva enfin face à une échelle de bois qui s’enfonçait dans le plafond où apparaissait une ouverture.

Le cœur battant, il grimpa les degrés en espérant que son instinct l’ait trompé et que Minuit ne soit pas venue ici.

Un bruit attira alors son attention et il baissa les yeux. Le petit chien qui était resté avec Minuit s’était mis à japper. Où était-elle ?

Arrivé en haut, son regard se fixa sur le miroir, puis sur un morceau de tissu au sol. Le loup crut que son cœur s’arrêtait en découvrant qu’il s’agissait de l’un des rubans blancs que Minuit avait accroché dans ses cheveux avant qu’il ne parte le matin même.

– Non… Pourquoi ? murmura Orion. Je ne peux pas… Pas ici. Minuit, je ne peux pas venir te sauver, pas là-bas ! hurla-t-il, les yeux plongés dans le miroir.

***
Minuit ouvrit lentement les yeux. En percevant une vive lumière, elle balaya du regard ce paysage étrange. Des lampions accrochés çà et là laissaient apparaître, grâce à leur lueur tamisée, les contours d’une rue sur le fond noir de la nuit. Un grand chapiteau se dressait devant elle, immense et impressionnant.

Le cirque, immobile dans la nuit, semblait tiré d’un de ces livres que Minuit avait lu dans son enfance. Elle n’en avait jamais vu, mais elle ne l’aurait pas imaginé autrement. La grande toile tendue de rouge et de blanc semblait toucher le ciel étoilé.

Un symbole attira l’attention de la poupée. À l’entrée, une arcade qui la surmontait était ornée d’un lion majestueux. Le buste de l’animal qui possédait des ailes demeurait là, comme un gardien.

Ses yeux fixés sur elle, il semblait l’inviter à entrer. Au moment où Minuit allait faire un pas en avant, quelqu’un la tira soudainement en arrière.

– Tu ne devrais pas rester là. Va-t’en pendant qu’il en est encore temps, murmura l’inconnu.

La jeune fille se retourna et ses yeux se posèrent sur le nouveau venu. Il était grand, pâle et ses cheveux étaient aussi noirs que la nuit de ce monde. Un cache-œil était posé sur le côté gauche de son visage. Minuit put tout de même distinguer la lueur de l’autre prunelle couleur de lune.

Étrangement, cette teinte lui était familière. Sa contemplation fut interrompue lorsqu’une femme souleva un lourd rideau à l’entrée du chapiteau. Son regard se posa sur la jeune fille et un sourire illumina son visage.

Le garçon, derrière Minuit, souffla quelque chose qu’elle ne comprit pas puis changea d’attitude. Il inspira profondément et posa une main sur son épaule. Il souriait.

La femme s’avança vers eux et invita la jeune fille à la suivre. Avant de franchir le seuil, Minuit la regarda et celle-ci lui tendit la main. Hésitante, elle y glissa ses doigts en retenant son souffle. Elle avait perçu le léger mouvement que l’inconnu derrière elle avait fait lorsqu’elle s’était avancée.

La poupée se méfiait de lui mais semblait avoir confiance en cette femme grande aux longs cheveux roux. Ses yeux paraissaient doux, d’un vert pâle, posés sur elle comme sur sa propre fille.

Le garçon soupira alors que Minuit entrait sous le chapiteau. La jeune fille lâcha alors la main de l’étrangère et regarda sa paume. Une douleur parut et la brûlure lui transperça la peau.

La marque du lion se dessina dans sa main, s’incrustant profondément. La jeune fille écarquilla les yeux et fixa la femme qui souriait.

– Tu m’appartiens maintenant.
– Mais…
– Tu es entrée de ton plein gré. Ce cirque sera ta nouvelle maison mais tu devrais faire tout ce que je te demanderai.

Le commentaire claqua dans la nuit au moment où Minuit comprenait la sombre réalité.

La jeune fille fut conduite dans une pièce dont les murs, uniquement faits de toile, laissaient passer la musique.

Des lions la regardèrent passer, venant humer l’air de son arrivée en glissant leur nez entre les barreaux de leur cage.

La directrice de la fête foraine donna un ordre et un autre garçon assis près des fauves et celui-ci leva la tête. La femme sortit avec un sourire et la poupée poussa un soupir.

Le dresse se releva et s’approcha de la jeune fille. Il l’attrapa par le bras avant d’ouvrir la cage. Minuit fut jetée à l’intérieur avec les bêtes sauvages. Tremblante, elle n’osait pas les regarder de peur qu’elles l’attaquent.

La jeune fille leva lentement la main et contempla la marque de son appartenance à ce lieu.

Le garçon au cache-œil et celui qui l’avait fait entrer dans la cage s’accroupirent et la détaillèrent. Le premier sourit tristement.

– Tu ne fais pas confiance aux bonnes personnes !

Minuit baissa la tête et cacha sa main. Elle avait compris. Elle avait fait une erreur.

– Ici, on est tous logés à la même enseigne, tu sais.

Les deux garçons levèrent une main afin de montrer une marque sur leur peau. La jeune fille se tourna et ferma les yeux.

Elle avait l’impression d’étouffer.

– Laissez-moi sortir, murmura-t-elle. S’il vous plaît, supplia Minuit en se mettant à hurler.
– Ne crie pas, tu vas les énerver, lança alors une jeune fille qui s’approcha en regardant les fauves qui commençaient à s’agiter.
– Je n’ai pas peur d’eux, mais…
– C’est la cage, n’est-ce pas ?

Minuit releva la tête et scruta l’adolescente qui la regardait en silence. Elle essayait de comprendre ce qu’il lui arrivait. Tout était allé bien trop vite. Elle était perdue et effrayée. Elle voulait voir Orion. Elle soupira et ferma les yeux une nouvelle fois. Doucement, elle alla se blottir contre la lourde fourrure du lion qui la regarda, mais ne bougea pas.

Le garçon au cache-œil sourit, mi-étonné, mi-amusé. L’autre se contenta de hausser les épaules.

La poupée fut réveillée par un bruit métallique et ouvrit difficilement les yeux.

– Dépêchez-vous ! cria une voix dans la pièce désormais inondée de musique.

Quelqu’un tira Minuit par le bras et l’aida à se lever. Celle-ci entendit l’exclamation d’étonnement étouffée de la personne qui la tenait délicatement.

– Mais c’est…

La jeune fille se figea en reconnaissant le premier garçon qu’elle avait rencontré dans ce monde. Il lui sourit doucement, plongeant son regard dans le sien.

– Comment va-t-il ? chuchota-il en s’approchant.
– Qui ?
– Dawn ! Dépêche-toi, le spectacle commence idiot ! cria de nouveau la fille qui l’avait scrutée la veille.
– Viens, fit le garçon en regardant Minuit.

Il l’entraîna à travers le chapiteau et au fur et à mesure, la musique devenait de plus en plus forte. Leurs pas les guidèrent jusque derrière la scène où le show venait de commencer. Le dénommé Dawn souleva un pan du rideau pour que la jeune fille puisse voir le spectacle.

Elle s’approcha du voile et regarda ce qu’il se passait de l’autre côté. Elle fit un bond en arrière lorsqu’un lion se mit à rugir.

La bête aux yeux étincelants faisait des cercles autour du dresseur, debout sur la scène. Faisant face à l’animal, le garçon qui avait enfermé la jeune fille dans la cage avec le fauve regardait attentivement.

Un grand cerceau à la main, il lui donna l’ordre de sauter. Les spectateurs se levèrent en même temps pour applaudir.

C’est là que Minuit détailla le public. Elle fit de nouveau un pas en arrière en distinguant ceux qui étaient assis dans les gradins.

Il n’y avait que des enfants, des ombres semblables à celles qu’elle avait vues dans le miroir avant d’entrer dans ce monde.

Dawn la regarda et comprit ce qui l’effrayait.

– Ce sont des enfants perdus. S’ils errent assez longtemps, c’est ici qu’ils se retrouvent.
– Comment peut-on abandonner un enfant ? C’est inhumain…
– Cela arrive plus souvent qu’on ne le croit.

Son regard s’était durci lorsqu’il avait prononcé ces mots. Ses yeux opalins avaient un instant été voilés et sa voix s’était faite plus rauque.

– Qu’en sais-tu ? reprit le garçon au cache-œil.
– J’ai été abandonnée par mon père, mais c’était contre son gré, il…
– Ne cherche pas d’excuses à cet homme, il n’en vaut pas la peine !
– Mais…
– Tu n’es pas la première à avoir été laissée par lui, tu sais !

La remarque crue claqua dans le silence qui s’était installé au moment de l’entracte.

Dawn n’eut qu’un regard en arrière lorsqu’il traversa le rideau pour monter sur scène. Des acclamations se firent entendre et Minuit le suivit des yeux. Elle retint son souffle.

Ce pouvait-il que… C’était impossible. Elle se souvint de la couleur des yeux de son père, cette couleur que le garçon qui venait de partir possédait aussi. Cela ne pouvait pas être une coïncidence.

Cet inconnu qu’elle avait rencontré dans ce monde, c’était son frère !

À suivre...


Grave au plus profond de mon âme, la douleur de vivre qui aura été la mienne jusqu’à la fin.



Dernière édition par Ana Lei le Mar 1 Juil - 20:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Solitudes   Ven 27 Juin - 17:20

Trop de révélations en même temps !!!!!! Ça devient de plus en plus intéressant, je veux déjà la suite !!  



Écrire, c'est une façon de parler sans être interrompu...
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MessageSujet: Re: Solitudes   Mer 2 Juil - 0:43

Raaaaaaaaah!!!! Mais c'est pas possible! Pourquoi tu t'es arrêtée à un moment pareil! Tortionnaire!
Bon. Maintenant, faut que ce cher Orion se bouge le popotin! Très bonne suite, même si elle est frustrante!


A quoi bon essayer de me faire vainement rentrer dans un moule qui n'est pas le mien?
Pourquoi un corbeau ressemble à un bureau?
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MessageSujet: Re: Solitudes   Mer 16 Juil - 12:30

pourquoi ya pas la suite je veux la suite c'est trop bien mais c'est cruel de s'arretait a un tel moment







Les choses les plus belles sont souvent celles qui font les plus mals
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MessageSujet: Re: Solitudes   Jeu 7 Aoû - 18:01

Hey les gens ! voici donc la suite (attendue je pense) de Solitude !!!!!!  



La jeune fille sentit ses jambes céder sous son poids. Avant de pouvoir se retenir à quoi que ce soit, elle tomba et, le regard perdu dans le vide, resta face à cette réalité.

***
– Minuit…

Le loup sentit son cœur se serrer. Il était resté devant le miroir durant des heures et n’avait pu le franchir. Rien ne l’en empêchait, rien sauf son passé, ses souvenirs…

– Voyageur, ne me regarde pas comme ça.
– Je n’ai pas d’enfant, je ne peux rien te donner, se lamenta l’homme au regard clair.
– Trouves-en un, je m’en moque, sinon c’est toi que je viendrai chercher.

L’homme repartit en promettant qu’il donnerait au monstre ce qu’il désirait.

Le garçon à moitié loup sourit et fit demi-tour. Il franchit les grilles d’une maison abandonnée depuis des années, sortit une clé de sa poche et ouvrit la grande porte grinçante.


Orion secoua la tête, ses souvenirs étaient troubles et il refusait de se rappeler, pourtant, les moments du passé refaisaient surface, il ne pouvait pas l’empêcher.

Un miroir, des voix qui l’appelaient inlassablement… En ouvrant les yeux, le solitaire vit, devant lui, un grand chapiteau, des lanternes suspendues, un ciel bleu nuit, si sombre.

Une femme aux cheveux roux, des enfants perdus, une brûlure sur la main, un cri…

D’autres enfants comme lui, un garçon triste qui appelait son père, un nouveau cri, mais pas le sien.


Orion rouvrit les yeux et laissa couler une larme. Si seulement il avait eu du courage, le courage d’aller la chercher.

Un hurlement s’éleva dans le silence de la nuit, le hurlement d’un loup…

***
– Hey princesse, on se réveille.

La poupée ouvrit les yeux, le cœur battant, et croisa le regard de Dawn.

– Comment as-tu su que…
– Que c’était mon père qui t’avait fabriquée ? Il avait l’habitude de faire des poupées, il faisait lui-même la porcelaine qu’il utilisait. Je la reconnaîtrais entre toutes. Il t’a également donné l’un de ses biens les plus précieux.

Il s’approcha encore et détailla son regard. Il avait le même sourire que la première fois, c’était étrange.

– Tes yeux, reprit-il, sont deux saphirs que ma mère lui a laissés lorsqu’elle est partie.
– Dawn ! appela le dresseur qui se dirigeait vers lui, sais-tu où Bird est allée ? Je ne la trouve pas.
– Sur scène, je crois, répondit l’interpellé en levant les yeux au ciel. Viens petite sœur.

Ses trois derniers mots avaient été chuchotés tel un grand secret alors que le garçon tendait sa main à la poupée.

– Allez, dépêche-toi, il faut te trouver un costume.
– Pourquoi…
– Parce que maintenant, tu fais partie de la troupe ! lança la femme aux cheveux roux derrière eux.

Elle s’approcha et fixa Minuit qui baissa les yeux.

– Voyons, reprit-elle, il te faut un nom… Voyons… je sais ! Maintenant, tu t’appelleras Doll.
– Mais j’ai déjà un…

La jeune fille fut interrompue par le geste de la femme qui lui signifiait de se taire. En silence, la poupée suivit le garçon qui la tenait par le bras.

Ils arrivèrent dans une salle assez petite qui contenait toutes sortes de bazar. Des tenues de scène, des accessoires et des armes, sans doute destinées aux lancés de couteaux. Le sol était parsemé de confettis colorés et de plumes.

Minuit avança prudemment et regarda Dawn fouiller dans les affaires entassées là. Il eut une exclamation triomphale lorsqu’il brandit un vêtement.

Le tissu, noir et blanc à carreaux que le garçon lui donna, était en fait une robe essentiellement brodée de dentelles et de rubans.

– Va te changer, je continue à chercher, dit l’adolescent en désignant le paravent derrière eux.

La poupée hocha la tête et alla se cacher tristement derrière l’épaisse toile. Quelques minutes plus tard, elle se montra, gênée, et regarda son frère qui resta bouche bée.

Dans cette tenue, elle avait l’air encore plus fragile. Les manches, finement brodées, laissaient paraître ses bras dont la peau pâle contrastait avec la couleur sombre de son corset.

Dawn s’approcha et entreprit de lui lacer délicatement.

– Tu es passée par le miroir n’est-ce pas ? chuchota-t-il.
– Oui, mais je ne savais pas ce qu’il y avait de l’autre côté…
– Ce sont les enfants qui t’ont appelée. Tu es la quatrième seulement à avoir traversé, tu sais.
– Comment ça ?
– Eh bien, puisque notre père n’est jamais venu ici : ma mère a été la première, moi le second, puis un autre garçon et maintenant toi.
– Et les autres, s’ils n’ont pas traversé, d’où viennent-ils ?
– Tu parles de Bird, Soren et le reste de la troupe ?
– Oui.
– Nous étions des enfants perdus nous aussi, fit une voix dans leur dos.

Sur le seuil, la trapéziste et le dresseur les regardaient, bras croisés.

– Qui est la dernière personne arrivée avant moi ? Puisqu’il a franchi le miroir, il n’était pas comme vous…
– Non, c’est vrai.

Soren la regarda.

– Il est parti depuis longtemps.
– C’était quelqu’un de dangereux, l’interrompit Dawn en s’approchant de sa sœur.

Il posa sa main sur les épaules fragiles de la poupée en lui faisant signe d’avancer. La jeune fille obéit et fit un pas en direction de Bird qui l’invita à sortir.

Le clown qui la suivait fut arrêté par Soren qui le fixa longuement. Il s’adossa au mur et croisa les bras.

– Toi aussi tu l’as senti, n’est-ce pas ?
– Quoi ?
– Le loup… elle a dû le rencontrer.
– Je sais, mais je crois qu’il la protégeait.

Il se souvint du jour où il avait fait sa connaissance devant le chapiteau. Il l’avait observée de loi. Lorsqu’il avait glissé ses doigts dans ses cheveux, il avait décelé derrière le léger parfum de sa sœur, l’odeur d’un loup.

Cela faisait si longtemps, pourtant…

Un petit garçon suivait les pas de sa mère, courant presque. Il ne cessait de se retourner, cherchant son père dans le noir.

Un cirque, des enfants, des ombres, un rire…

Tirant une révérence, le petit clown sourit. Il sortit de scène et courut voir sa mère. Se contentant de l’ignorer, elle regarda le public applaudir bruyamment.

L’enfant, au bord des larmes, fit demi-tour et alla se cacher. Il passa devant les cages aux oiseaux puis celles des fauves.

Il s’arrêta et regarda tristement l’enfant assis dans l’une d’elles. Il s’approcha et lui sourit doucement. Il détailla ses traits. Lorsqu’il releva la tête pour le regarder à son tour, ses yeux émeraude aux pupilles rétractées telles ceux d’un animal, se fixèrent sur lui.

Dawn n’avait jamais eu peur de cet enfant loup.


Dawn releva la tête et poussa un long soupir. Il regarda Soren qui pinçait les lèvres.

– Tu crois qu’il aura le courage de venir la chercher ?
– Honnêtement ? Je ne sais pas… Après ce qu’il s’est passé, j’ai des doutes.
– C’est donc à nous de l’aider…

Bird passa la tête dans l’entrebâillement de la porte que le dresseur avait repoussé du pied lorsqu’il avait stoppé son ami pour lui parler. Les deux garçons se tournèrent vers elle et se regardèrent mutuellement.

– Et comment comptez-vous faire ?

Elle avait surpris leur conversation et avait attendu. La trapéziste avait entendu la porte se refermer doucement et avait saisi quelques mots. En souriant à Minuit qui avait finalement levé les yeux pour contempler le ciel sombre, elle avait fait quelques pas en arrière et s’était décidée à entrer.

– Je n’en n’ai aucune idée, répondit Soren sous l’insistance de son regard.
– Très bien, je sens que la nuit va être longue… soupira la jeune fille.

Elle sortit et les deux adolescents la suivirent. Dawn chercha Minuit du regard, mais elle n’était pas dehors. Soren lui lança un coup d’œil et éclaira les alentours avec une lanterne qui était accrochée à la caravane. Le clown appela sa sœur mais son nom se perdit dans le noir… Où était-elle ?

Des rires s’élevèrent des profondeurs de la forêt et le clown tourna la tête dans cette direction. Il courut vers les fourrés et plissa les yeux pour tenter de percer l’obscurité.

Des silhouettes se dessinèrent sur l’étroit sentier qui s’enfonçait dans les bois et le silence se fit. Minuit, cachée derrière un arbre, s’avança et, hésitante, elle leva les yeux.

– Dawn ? murmura-t-elle.

Sa voix tremblante surprit son frère qui s’approcha d’elle pour la serrer dans ses bras.

– J’ai cru que tu t’étais perdue, soupira-t-il.

La jeune fille pouvait entendre son cœur battre très fort. Elle se demanda pourquoi il avait été aussi inquiet.

– J’ai juste suivi les enfants, répliqua la poupée en regardant les ombres derrière eux. Ils veulent seulement jouer, ils se sentent seuls.
– Minuit ! Ne les écoute plus. C’est eux qui t’ont amenée ici. Moi, je dis qu’on ne peut pas leur faire confiance.
– Mais…
– Petite sœur, je ne veux pas te perdre, pas maintenant alors que je viens de te retrouver. Ces enfants ne sont pas devenus des ombres juste parce qu’ils se sont perdus. Comparés à Bird et à Soren, par exemple, ils sont comme ça parce qu’ils ont perdu leurs rêves. Un enfant qui ne rêve pas n’en est plus un… Tu ne sais pas de quoi ils sont capables… laissa-t-il finalement échapper d’un air grave.

– Dawn ! appelèrent les voix de ses amis.

Le garçon tourna la tête et les vit courir vers lui. Il saisit la main de la jeune fille et alla à leur rencontre.

– Jo vient de nous prévenir que la maîtresse nous cherchait.

Le visage du clown devint pâle et Minuit sentit la prise de son frère se resserrer autour de son poignet ? Il jeta un regard à la jeune fille qui ne comprenait pas ce qui se passait.

S’en suivit alors une course vers le chapiteau. Ayant du mal à suivre, la poupée fragile se demandait les raisons de cet affolement général.

Elle en comprit la cause lorsque tous s’arrêtèrent brusquement devant l’entrée où trônait le buste du lion ailé qui les toisait avec orgueil.

Le rideau était levé et la grande femme rousse les attendait. L’air sévère, elle avait pincé les lèvres en les regardant avec un air pensif. Elle croisa le regard de Dawn et celui de Minuit qu’il tentait de dissimuler derrière lui.

– Je croyais pourtant avoir été claire ! lança-t-elle.

Sa réplique claqua dans la nuit et la poupée se mit à trembler.

– Madame, fit une voix derrière eux, je suis désolé, c’est de ma faute. C’est moi qui leur ai demandé de venir me voir.

La jeune fille se retourna pour voir le nouveau venu. Il était grand, étrange… on aurait dit un épouvantail. Il ressemblait étonnement à celui qui était planté au milieu du champ qui Minuit avait traversé lorsque son père l’avait menée à la demeure d’Orion.

– Ton travail est de montrer le chemin aux enfants perdus ! Pas de rester planté là à parler !

Le regard du garçon s’assombrit en entendant la réplique de cette femme. Il laissa ses yeux glisser sur Minuit et releva la tête. Avant que la dame en noir ne puisse punir les autres d’avoir désobéi à son ordre de ne pas s’approcher de la forêt, il ajouta :

– Je savais que la troupe avait un nouveau membre et je n’ai pas pu m’empêcher d’être curieux.
– Tais-toi, je ne veux plus t’entendre ! Tu parles trop, l’épouvantail !
– Pourquoi n’avons-nous pas le droit d’aller dans la forêt ?

La petite voix de Minuit avait résonné dans la nuit et Soren avait baissé le regard sur elle. Silencieusement, il essaya de lui faire comprendre qu’il ne valait mieux pas poser trop de questions.

Mais le regard de la jeune fille se fit insistant. Elle fixait la grande femme rousse avec toute l’innocence d’un enfant. L’autre baissa les yeux sur elle et fronça les sourcils en contemplant les deux saphirs qui brillaient à la lumière.

Dawn s’interposa et dissimula la poupée au regard de la femme qui lui tourna le dos.

– Que cela ne se reproduise pas ! répliqua-t-elle sans même répondre à la question de Minuit.

Le garçon aux allures d’épouvantail attrapa la main de cette dernière qui étouffa un cri de surprise. Il posa un doigt sur sa bouche pour lui signifier de se taire et lui sourit.

Dawn se retourna et regarda son ami qui les avait, en quelque sorte, sortis d’affaire.

À suivre...


Grave au plus profond de mon âme, la douleur de vivre qui aura été la mienne jusqu’à la fin.

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Lukameg
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MessageSujet: Re: Solitudes   Ven 8 Aoû - 7:22

Voilà Minuit bien mal embarquée   


Ce que l'on a perdu une fois est perdu à jamais.
Telle est la règle, il n'y a aucune exception.

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MessageSujet: Re: Solitudes   Ven 8 Aoû - 20:17

Super suite !   quoiqu'un peu frustrante, comme d'habitude... Pourquoi tu nous laisses sur notre faim comme ça ??!   Ok j'arrête, je me calme... c'est embarrassant de s'énerver comme ça alors  



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Ana Lei
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MessageSujet: Re: Solitudes   Sam 9 Aoû - 17:10

Mais pourquoi me pose tu encore la question ? Voyons je suis sadique et tu le sais... N'est-ce pas ? Je pense mettre la suite en ligne dans une semaine alors tiens le coup !!!  


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MessageSujet: Re: Solitudes   Sam 9 Aoû - 19:50

Bien sûr que je le sais... Enfin, pourquoi te blâmerais-je ? On l'est tous un peu ici je crois   
Et puis, une semaine, c'est plutôt rapide ! Comparé à moi par exemple   
Bref, je me barre avant que l'on ne vienne me demander des comptes   et vive les liens du sadisme !!  



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MessageSujet: Re: Solitudes   

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